NO PAIN, NO GAIN

J’ai commandé une jolie paire de lunettes photochromiques sur le site Ekoï pour que les enfants aient un beau cadeau de fête des mères à offrir à leur maman cycliste. Dans le colis, il y avait, en plus des magnifiques lunettes, une casquette publicitaire Ekoï avec un slogan bien visible : « No Pain No Gain ». Ce qui, en français, veut dire « on a rien sans rien ». Mais la traduction mot pour mot est encore plus parlante : « pas de souffrance, pas de progression ».

Ce samedi matin 2 juin 2018 a lieu la cyclosportive La Limousine et nous sommes 24 licenciés de l’ACV parmi les 1300 passionnés à nous élancer du Champ de Juillet. Il fait beau, l’humeur est joyeuse.

 

Après les photos d’usage, nous nous engouffrons dans nos sas respectifs. Nous (ceux inscrits pour le chrono) sommes idéalement placés dans les 200 premiers. Le départ est donné. Je m’élance et m’efforce de garder ma place dans les 100 premiers. Je fais le départ comme dirait Eric. Nous tenons toute la route ; ambiance Tour de France avec les motos ouvreuses et les signaleurs de terre-pleins avec leurs drapeaux. C’est grisant ; il y a des vélos partout, même sur les trottoirs. Nous arrivons à Panazol et passons devant plusieurs dizaines d’enfants ; re-coup d’adrénaline. Nous passons sous une nacelle ; c’est le vrai départ et nous nous retrouvons soudainement sur une seule voie. La course est lancée…

La première heure est cadencée entre coups d’accélération et coups de freins ; ça frotte ; ça gueule ; on manque de se prendre un tracteur ; bref on est beaucoup trop nombreux pour nos petites routes de campagne. Les sensations sont moyennes. Je ne vois plus Didier. Plus les bosses passent et plus j’ai du mal, les jambes se durcissent, je commence à faire l’élastique. Je pense alors à mes copines « les crampes » qui m’accompagnent fréquemment lors de périples hors zone de confort. Je n’ai pas fait de préparation « longue distance » cette année faute de temps et à cause du Temps. Seules les courses de village me permettent de suivre le rythme. Ce ne sera pas suffisant…

Mes copines sont arrivées par l’intérieur des cuisses d’abord. J’ai bien anticipé pourtant (3 bidons et 4 topettes à bord) mais c’est ma destinée. Je saute entre Bujaleuf et Saint Amand le Petit. Après la bifurcation Limousine / Haut Viennoise, Thierry et un autre me rejoignent. A trois, nous rattrapons un groupe. Mais dans une longue côte bien avant Sauviat sur Vige, alors que mes copines ont investi les quadris et les ischios, je dois renoncer à suivre ce groupe. Je me retrouve un moment seul puis 2 autres se joignent à moi. Ils sont également victimes de crampes. On papote. On se relaie comme on peut selon l’aptitude de chacun. J’ai mal partout, aux jambes bien sûr, au dos et à la « selle ». No Pain no Gain.

Nous roulons une petite demi-heure lorsqu’un groupe d’une trentaine de coureurs nous dépasse. « Salut mon pote » fais une voix connue. C’est Nono (Arnaud) de Saint Junien. Je m’insère aussitôt en milieu de paquet. Une autre voix m’interpelle : « ça va Gabs ? ». C’est Didier. Didier était derrière moi ! Lui aussi a des crampes. Je suis super content de le retrouver même si j’aurais préféré pour lui qu’il soit devant. Mais je me dis en même temps que je ne suis plus seul et que l’on va s’épauler mutuellement. C’est le cas. Mes crampes sont omniprésentes. Je prends ma dernière topette. Je me masse les jambes. Soudain, entre Saint Priest Taurion et Le Palais, mes deux ischios se bloquent ; la douleur est insoutenable. Je ne peux plus pédaler. Didier est à côté de moi et m’encourage. J’enfonce mes doigts à l’arrière de mes cuisses. Pédaler, ne plus s’arrêter de pédaler…

J’y ai pensé depuis le km 70. No Pain No Gain. Je serre les dents. La côte de Panazol arrive. Paradoxalement je monte plutôt bien, l’adrénaline sans doute ou les effets de la dernière topette « coup de fouet ». On roule côte à côte avec Didier ; on arrive en haut de la côte en tête du groupe. Je me sens mieux. Nous arrivons enfin dans le final et nous faisons le sprint presque main dans la main.

En franchissant la ligne, j’entends des voix connues : Delph et Guigui, nos amis et puis ma Delphine. Nounours me charrie : « ça fait une heure qu’on t’attend ! ».Je suis rincé mais heureux de retrouver tout ce petit monde. Le reste n’est que du bonheur et le « No Pain, no Gain » est bien loin.

A quand la prochaine ?

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